• ……pour te chanter ?

    Paroles et Musique: Graeme Allwright. Adapt: Guy Béart

     

    Comment faire pour te chanter
    Ce que j'ai sur le cœur

    Je pourrais t'écrire des vers
    De toutes les couleurs

    Je pourrais faire des dessins
    Des feuilles qui meurent

    Je pourrais choisir pour toi
    Des jouets, des fleurs

    Mais j'aimerais aussi me taire
    Ce serait bien meilleur

    Et voici que sans un mot
    Nous n'avons plus peur


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  • En voyage

     

        Quand vous m'ennuyez, je m'éclipse,
    Et, loin de votre apocalypse,
    Je navigue, pour visiter
    La Mer de la Tranquillité.

    Vous tempêtez ? Je n'entends rien.
    Sans bruit, au fond du ciel je glisse.
    Les étoiles sont mes complices.
    Je mange un croissant. Je suis bien.

    Vous pouvez toujours vous fâcher,
    Je suis si loin de vos rancunes !
    Inutile de me chercher :
    Je suis encore dans la lune.

    Jacques CHARPENTREAU
























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  • Il était une feuille avec ses lignes


    Ligne de vie


    Ligne de chance


    Ligne de cœur


    Il était une branche au bout de la feuille


    Ligne fourchue, signe de vie


    Signe de chance


    Signe de cœur


    Il était un arbre au bout de la branche


    Un arbre digne de vie


    Digne de chance


    Digne de cœur


    Cœur gravé, percé, transpercé


    Un arbre que nul jamais ne vit


    Il était des racines au bout de l'arbre


    Racines vignes de vie


    Vignes de chance


    Vignes de coeur


    Au bout des racines il était la terre


    La terre tout court


    La terre toute ronde


    La terre toute seule au travers du ciel


    La terre


    Robert Desnos (1900-1945)







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  • Sur cette terre vouée au désastre
    Nous tenons nous résistons
    Nous nous arc-boutons
    Contre vents et marées
    Défiant le soleil des armes
    Son éclat meurtrier.

    Car il faut persister persister sans fin
    Dans l’âpreté des jours
    Comme si l’on ne devait jamais mourir…

    Dans ce poème ce n’est pas moi qui vous parle
    Dans ce poème ce n’est pas ma voix que vous entendez
    Mais ce qui me traverse et me maintient :
    L’ombre désespérée de la beauté
    Cet espoir infini au cœur des hommes

    Car dans nos mains qui tremblent
    Cette petite lueur de l’espoir
    Est une veilleuse fragile
    Au cœur de la nuit carnassière…
    Bernard Mazo

    Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir.

     L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

    http://www.printempsdespoetes.com/la_manifestation/index.php


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  • Mon enfant, ma soeur,
    Songe à la douceur
    D'aller là-bas vivre ensemble !
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.
    ….

    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde ;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde.
    - Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d'or ;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
    Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

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  • Dans ma maison vous viendrez
    D'ailleurs ce n'est pas ma maison
    Je ne sais pas à qui elle est
    Je suis entré comme ça un jour
    Il n'y avait personne
    Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc
    Je suis resté longtemps dans cette maison
    Personne n'est venu
    Mais tous les jours et tous les jours
    Je vous ai attendu

    Je ne faisais rien
    C'est-à-dire rien de sérieux
    Quelque fois le matin
    Je poussais des cris d'animaux
    Je gueulais comme un âne
    De toute mes forces
    Et cela me faisait plaisir
    Et puis je jouais avec mes pieds
    C'est très intelligent les pieds
    Ils vous emmènent très loin
    Quand vous voulez aller très loin
    Et puis quand vous ne voulez pas sortir
    Ils restent là ils vous tiennent compagnie
    Et quand il y a de la musique ils dansent
    On ne peut pas danser sans eux
    Il faut être bête comme l'homme l'est souvent
    Pour dire des choses aussi bêtes
    Que bête comme ses pied gai comme un pinson
    Le pinson n'est pas gai
    Il est seulement gai quand il est gai
    Et triste quand il est triste ou ni gai ni triste
    Est-ce qu'on sait ce que c'est un pinson
    D'ailleurs il ne s'appelle pas réellement comme ça
    C'est l'homme qui a appelé cet oiseau comme ça
    Pinson pinson pinson pinson
    …..

    Dans ma maison tu viendras
    Je pense à autre chose mais je ne pense qu'à ça
    Et quand tu seras entrée dans ma maison
    Tu enlèveras tous tes vêtements
    Et tu resteras immobile nue debout avec ta bouche rouge
    Comme les piments rouges pendus sur le mur blanc
    Et puis tu te coucheras et je me coucherais près de toi
    Voilà
    Dans ma maison qui n'est pas ma maison tu viendras
    .

    Jacques Prévert


    MES TEXTES



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  • Chantez ! La nuit sera brève.
    Il était une fois un vieil homme tout noir;
    Il avait un manteau fait de rêve,
    Un chapeau fait de brume du soir.
    Chantez ! La nuit sera brève.

    Chantez ! la nuit sera douce.
    Le vieil homme tout noir en silence est venu;
    On eût dit qu'il marchait sur la mousse
    A pas lents et furtifs et pied nu.
    Chantez ! La nuit sera douce.

    Chantez ! la nuit sera belle.
    Le vieil homme sourit à l'enfant qui s'endort;
    Vient fermer sa paupière rebelle,
    Sable fin du sommeil, sable d'or !
    Chantez ! la nuit sera belle.

    Chantez ! la nuit sera brève.
    Le vieil homme tout noir en silence a passé,
    Et voilà sur les ailes du rêve
    Que l'enfant dans l'azur est bercé !
    Chantez ! la nuit sera brève.

    Jean RICHEPIN



    Un jour à la fois





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